Du ZX81 au vibe coding : ce que la nostalgie des pionniers nous apprend
- Christophe COUPEZ

- il y a 1 jour
- 16 min de lecture
Ce 6 mars 2026, en postant dans LinkedIn ce message célébrant l'anniversaire des 45 ans du ZX81, j'étais loin de m'imaginer ce que ça allait déclencher. Je pensais qu'au mieux quelques vieux geeks comme moi allaient faire deux ou trois likes : mais jamais je n'aurais imaginé que ce post allait générer plus de 145 000 impressions, plus de 1485 likes, 435 commentaires (y compris les miens) et 34 republications (chiffres au 13/03/2026).
Il s'est passé quelque chose, mais quoi ? Pour le comprendre il faut lire les commentaires sous le post. C'est ce que j'ai fait et voici mon analyse en guise de conclusion de ce merveilleux et inoubliable moment de communion collective.
Le ZX81, c'est de la nostalgie en barre
Fabien a repartagé le post avec ce commentaire : "madeleine de proust" : vous savez, ce petit truc anodin qui faire remonter instantanément des souvenirs d'enfance. En effet ce sont des souvenirs très intimes de la vie de famille que beaucoup de vous ont partagé.
Pour Stéphane "L’extension 16 Ko a été mon cadeau de Noël !".
Pour Jean-Yves, "Je rêvais d'un ZX81 et l'année suivante j'ai finalement reçu un Apple II europlus (merci Maman et merci Parrain) qui m'a occupé pendant plusieurs années...".
Quand à Jean-Guy : "Merci à mes parents pour ce très beau cadeau de Noel 1984 : VG 5000 de Philips, fabriqué en France."
Son premier ordinateur, Claudio se l'est offert en travaillant : "Mon premier boulot à 15 ans fut motivé par l'achat d'un ZX81 d'occasion. Plus tard je suis passé au Sinclair Spectrum."
Pour Franck qui avait 8 ans, c'est le souvenir émouvant de moment passé avec son père sur MO5 : "J'ai eu la chance d'avoir un papa très geek qui s'est mis à la programmation avec moi."
C'est aussi Paul qui se souvient de sa rougeole et de son premier ordinateur " [l'ordinateur] m'a accompagné pendant des jours et des jours (notamment quand j'ai eu la rougeole) et que mon Papa avait eu la bonne idée (et la folie) d'acheter pour mon frère et moi à Noël 1977 pour plus de 7500 Francs de l'époque."
C'est aussi Antoine qui se rappelle son école primaire : "C'est le premier ordinateur que j'ai utilisé à la primaire en CM1, que nous avions acheté par le biais de réalisation et vente de confiture et d'un journal de classe", le mari de l'institutrice était informaticien, ça aide !
Pour certains, comme Yannick, les souvenirs remontent encore un peu plus loin : "Moi c’était un IBM 360, sur lequel j’ai fait mon premier core dump (papier…). Plus tard j’ai programmé sur un TI994A avec un luxueux 4K de RAM et (accrochez-vous) 16K de mémoire écran qu’on pouvait squatter… Magnifiques souvenirs en effet!".
Quant à Renaud, ses souvenirs remontent encore plus loin, à 1972, à l'époque de ses études : "J'ai commencé à programmer sur T2000 (assembleur) pendant mes études (1972-1975), puis sur Iris80 en stage (Fortran 1973) et ensuite sur 370/130 et Bull DPS 64 (Cobol 1975 - 1982) lors de mon démarrage professionnel (caisse de retraite).", puis d'apporter une vision éclairante (cliquer) sur la différence d'approche à l'époque entre américains et français qui a débouché en partie sur la méthode MERISE.
C'est une passion puissance 10, comme seuls les enfants et les adolescents savent la vivre. La preuve avec Fabrice qui raconte : "Je faisais 12 km à vélo pour aller utiliser celui d'un ami les mercredis après midi", tout ça au lieu de regarder le club Dorothée, ce qui dénote une réelle motivation.
De son côté, Laurent explique que "Le ZX 81 j'en ai rêvé.. mes pages préférées sur La Redoute. Si si.. :)". Si ça, c'est pas de la passion !
Que ce soit le ZX81, le Spectrum, l'Amstrad, le TRS80, l'Alice ou l'Apple 2 : pour toutes celles et ceux qui ont apporté leur témoignage, leur premier ordinateur a compté et il a marqué leur esprit. Comme un premier amour ? On pourrait le penser au nombre de petit coeur qu'on trouve dans les commentaires : "Mon premier ordinateur ❤️" nous dit ainsi Matthieu avec émotion.
Reste que tout cela nous rappelle que le temps passe, comme l’explique si bien Nicolas : "Le ZX81 est même exposé au Musée des Arts et Métiers, et ça m’a fait un choc de voir un objet de ma jeunesse exposé dans un musée… pas bon signe pour moi ". C'est pas faux Nicolas, ça m'avait fait le même effet 😰.

La passion de la programmation
Le ZX81, l'initiateur, c'était l'ordinateur du pauvre mais quelque part, on est fiers de nos débuts d'informaticien prolétaire. Même si, en vérité, nous aurions tous rêvés être des informaticiens nantis, équipés d'un Apple 2 de compétition qui coûtait le prix d'une petite voiture !

Le ZX81, c'était un seul Kilo octet, un ordinateur noir et blanc, muet et sans graphisme doublé d'un minuscule clavier en toile cirée. Et pourtant, tous ceux qui l'ont connu - à de rares exceptions, en parlent comme d'une merveilleuse machine, se rappelant même avec plaisir (si si 🤗) tous ses défauts : l'extension mémoire qui bouge et qui fait tout planter, l'horrible clavier, les programmes sur K7 audio qui mettent trois plombes à s'enregistrer et qu'on n'arrive à recharger qu’une fois sur deux.
Robin explique cela parfaitement : "Ah que de souvenirs. L’extension mémoire a été une révolution mais aussi une source de plantage, rappelons nous qu’avec le temps l’extension qui était lourde avait tendance à vouloir basculer et créer des faux contacts qui faisaient planter la bête. Mais une fois que l’on avait retapé avec patience pour la nième fois le programme et que ça marchait on en retirait un plaisir rare"
Et savez-vous pourquoi, aujourd'hui, on adore ses défauts qui nous faisaient pourtant hurler de colère à l’époque ? Parce qu'inconsciemment, ils nous rendent fiers de les avoir surpassés. On se dit tous, que, bon sang de bon sang, on était des gamin(e)s sacrément motivés pour réussir à être passionnés par l'informatique avec de telles machines. Bref, on se dit qu'on était des pionniers à la Indiana Jones 😊.
Inconsciemment (et sans vouloir passer pour de vieux cons hein) on se dit que nos enfants auraient certainement mis ces machins à la poubelle et qu'ils seraient rapidement passés à autre chose. Et quand on échange avec un jeune développeur rompu aux dernières technologies qui se la pète un peu en nous prenant pour des dinosaures qui ne comprennent rien à la technologie, on se marre en silence en se disant que nous, quand on était ado mon gars, on était capable de faire de l'assembleur sur des machines de 16 Ko.
Bien sûr, tous les heureux propriétaires de ces premières machines n'étaient pas des développeurs ; certains se contentaient de jouer aux jeux vidéos. Les marques l'avaient bien compris ; aux parents les marques vendaient l'opportunité d'apprendre l'informatique à leurs rejetons (et même d'apprendre l'anglais grâce au langage basic, LOL), mais aux enfants, les marques leur montraient des jeux vidéos.
Mais pour beaucoup, ces machines ont permis de découvrir les joies du codage, parfois au détriment des devoirs scolaires et même des heures de sommeil, comme ce fut mon cas.
Et visiblement, je ne suis pas le seul. Patrick nous raconte : "Que de nuits passées à apprendre le code au lieu de dormir !".
Ludovic se souvient aussi : "Quel beau souvenir que mon ZX81 avec lequel j'ai appris le Basic et tapé pendant des heures des lignes de code que j'enregistrais à la fin sur une K7 en croisant des doigts pour que ça se passe bien. Un objet tellement formateur".
Quant à Benoit : "Le nombre d'heures que j'ai pu passer là dessus! C'était mon TikTok de l'époque!".
Dominique confirme : "Je suis aussi nostalgique du z80 de mon CPC, j’en ai passé des heures à programmer cette machine quand j’étais gamin."
D'autres, encore plus curieux, sont même allés plus loin, comme Youri qui avait acheté son ZX81 en kit : "Avant de m'initier à l'informatique, ce ZX81, acheté en kit, m'a initié à la soudure, puis à la recherche de panne".
Certains n'avaient même pas d'ordinateur mais avaient quand même la passion, comme Bruno (aujourd'hui CEO) qui nous raconte : "Je n'avais même pas d'ordinateur chez moi (encore plus pauvre!), il fallait lire et saisir les programmes au clavier, corriger les erreurs, je le faisais dans des boutiques informatiques des supermarchés pendant que ma mère et ma sœur faisaient les courses".
Nos programmes ne faisaient souvent rien de fabuleux, mais pourtant, on était rudement fier des résultats, comme l'explique Laurent : "Mes premiers développements en basic en tant qu'étudiant sur cet outil, on était heureux de tracer un cercle sur l'écran".
Mais aussi Pascal : "à l'âge de 17 ans j'ai passé une nuit blanche sur un ZX81, avec cassette magnétique (audio) comme stockage, à apprendre le langage basique, et faire mon premier programme. Une ligne blanche qui monte sur la gauche, tu tapes la barre espace au bon moment pour la faire partir horizontalement et toucher la cible apparue en un point dans le quart supérieur droit écran. Oui, c'est pas fou comme jeu je dois dire."
L'apprentissage au temps des pionniers
Si aujourd'hui tout le monde peut se former à n'importe quoi grâce à Internet, il faut se rappeler que dans les années 1980, ce n'était pas la même histoire. Pas d'internet, pas de tutoriels, pas de vidéos, pas de forums, et pas d’IA pour nous souffler le bon code à taper.
Nicolas nous en fait la remarque : "Le plus intéressant, au delà de la machine en elle même est qu'au début, sans internet, nos seuls sources pour résoudre un problème était, soit un livre (il y en avait quelques uns parfois uniquement en anglais - excellent pour l'apprentissage de la langue), soit des amis, soit parfois le minitel (feu 3614 RTEL2) et surtout, beaucoup de patience, d'essais, d'échec jusqu'à atteindre la solution... Et je trouve que c'est ce temps d'apprentissage qu'on a pu avoir au début de l'informatique grand public qui a été bénéfique, et qui a tendance à se réduire au néant de nos jours... Parce que si l'apprentissage pousse à réfléchir, il pousse à comprendre également !!! ".
Jean-Michel s'en étonne toujours : "Cette époque où chaque octet valait une goutte de sang et où la programmation se faisait à l’économie notamment dans la définition des variables. Il fallait tout faire tenir dans des espaces minuscules. Je me souviens de mon étonnement un peu plus tard en découvrant des jeux Atari tenant sur une disquette 3,5 avec graphisme et scénario. Une prouesse pour l’époque. Une telle sobriété est inimaginable actuellement ".
Même son de cloche pour Thierry qui nous explique : " Sacrée époque, mais tellement formatrice, notamment sur la conception : chaque octet comptait, donc tu apprenais vite à penser efficacité, simplicité et optimisation. (…) je pense que ça a pu m'apporter des réflexes encore utiles aujourd'hui... "
Ce n'était certes pas simple, mais c'était très formateur, comme l'explique Xavier : " Ces machines ont vraiment formé toute une génération. Elles obligeaient à comprendre ce qu’on faisait, à optimiser chaque octet, à bricoler, à chercher. Finalement, c’est peut-être ça qui a donné le goût durable de l’informatique ".
Frédéric confirme : " J'ai réalisé pas mal de programmes de jeu et plus tard je programmais des simulations de transfert de chaleur pour étudier une ailette en convection naturelle et forcée. Ça me rappelle des moments très formateurs où il n'y avait pas internet et où il fallait se débrouiller seul ".
Du mon côté, mes programmes m’ont permis d’aborder sans m'en rendre compte des notions que j'allais aborder plus tard à l'école - un avantage que je mesure bien par rapport à mes propres enfants au même âge.
Par exemple, je n'ai eu aucune difficulté avec l'algèbre : je l'utilisais déjà dans mes programmes avec les variables, comme Jourdain faisait de la prose. Aucun problème non plus avec les coordonnées X et Y : indispensables pour créer mes jeux et déplacer les personnages à l'écran ou dessiner des lignes. Pas de souci avec les Sinus et Cosinus : j'utilisais ces fonctions pour faire des cercles et pour créer des rebonds avant même que ma prof de maths ne m'en parle.
L'impact insoupçonné d'un magazine : Hebdogiciel
A cette époque, il y avait un très grand nombre de revues informatiques, dont presque aucune n'a survécu. Il y avait quasiment plusieurs revues pour chaque marque d'ordinateurs, ce qui vous donne une idée du volume ! On peut retrouver une cinquantaine de ces magazines dans l'incroyable site ABANDONWARE.
Mais pourtant, dans tous ces commentaires, un nom revient sans cesse : Hebdogiciel. C'est le nom d'un hebdomadaire qui se présentait sous la forme d'un journal : quelques pages étaient consacrées à l'actualité de la micro informatique et à différentes rubriques : actualité cinéma, jeux, BD. Il y avait aussi des cours à l'assembleur . Tout le reste du journal était consacré à des listings de jeux vidéos pour différentes machines : ZX81, Spectrum, Apple2, Atari, Oric, Thomson, Amstrad, Commodore, etc. Pour pouvoir y jouer, les lecteurs devaient les recopier sur leur ordinateur.
Nous étions nombreux à attendre avec impatience la sortie de chaque numéro, comme le raconte Sébastien : "J’avais hâte tous les mercredi d’aller au marchand de journaux pour acheter hebdogiciel !! " (note : petite erreur, de mémoire Hebdogiciel paraissait le vendredi)
Mais recopier les listings, ce n'était pas une partie de plaisir. Yan nous explique : "Des nuits à copier copier des programmes assembleurs transformés en chiffres dans hebdogiciel et ensuite prier pour que le SYS xxx fonctionne".
Frédéric confirme : "Tout a commencé avec un CPC 464, des heures à taper des peek et des poke, programmes/jeux issus de magazines papier !".
Stéphane en garde aussi de très bons souvenirs : "Pour hebdogiciel (oeil mouillé), j’ai aussi de très bons souvenirs à recopier les listings le mercredi après-midi — parfois avec des erreurs… et il fallait attendre le numéro suivant pour avoir les corrections !"
Mais tout le monde s'accorde à dire que c'était très formateur. Beaucoup ont appris ou ont amélioré leur maîtrise de la programmation grâce aux listings d'Hebdogiciel, comme l'explique Thierry : "Pour ma part, commencé sur C64, dans les années 80, avec hebdogiciel également pour me former au Basic : recopie des programmes de jeux, gestion des "sprites", codage de programme de représentation 3D de cartographie, apprentissage du langage machine pour compléter les manques du Basic ...".
Hebdogiciel c'était aussi des dessins qui illustraient les pages. Maguelonne s'en souvient bien : "J'adorais ce journal, même si taper des pages de code sur mon TI99 4 A était super laborieux. Heureusement, il y avait les BD de Carali :)".
Ah ! Les dessins de Carali : du plus pur style "fluide glacial", salace à souhait mais bourré d'humour. A ne pas mettre entre toutes les mains tout de même. Quand on pense qu'Hebdogiciel était principalement lu par des ados 🤗.

Les listings étaient écrits par des programmeurs du Dimanche, dont je faisais parti, dès l'âge de 14 ans. Le journal payait 1070 Frs (de mémoire) par page couverte de listing. C'était bien sûr proportionnel : si votre listing ne couvrait que la moitié d'une page, vous ne touchiez que la moitié de cette somme.
Pour beaucoup, la publication dans Hebdogiciel a été un premier salaire : j'ai encore la photo de mon premier chèque. Mes publications ont financé les achats de mes machines que je changeais régulièrement (loi de Moore oblige). C'était aussi l'occasion de devenir la star de la cour de récré à chaque publication de mes programmes : pour moi qui n’étais pas franchement populaire, ce furent d'uniques et inoubliables petits moments de gloire.
Je ne suis pas le seul à avoir été publié. Dans les commentaires, on trouve d’autres jeunes auteurs. Par exemple, Jean-Louis : "Hebdogiciel qui payait à la page de code imprimée… mon premier job rémunéré… que de bons souvenirs".
C'est aussi le cas d'Eric : "J'ai débuté sur un Commodore VIC20 avec 3,5 ko de RAM et ai moi aussi été publié dans Hebdogiciel...toujours dans l'informatique plus de 40 ans après, comme quoi la passion peut durer !".
Ou encore Philippe : "cela rappelle des bons souvenirs (premier salaire aussi avec hebdogiciel … 16ko on en faisait des choses !!!)".
On a du mal à réaliser que la France doit probablement à ce drôle d'hebdomadaire très irrévérencieux (pour ne pas dire grossier) aux illustrations salaces, un grand nombre de ses talents informatiques des quarante dernières années !
Des vocations et des destins
Mon ZX81 a tracé mon chemin professionnel. Dès mes 11 ans, après quelques jours sur mon ordinateur Sinclair, j'ai su que c'était ce métier que je voulais faire. Dans le même temps, des années plus tard, des copains ont passé le bac sans savoir ce qu'ils voulaient faire comme métier. Bref, mon ZX81 m'a offert une destinée : à 580 Frs, ce n'était pas cher payé.
Christian confirme : "Choisir un métier par l’inconscience de son enfance, par passion ; c’est une chance (et un travail incroyable pour que la passion reste au dessus de tout).Ce n’est pas souvent qu’une passion se retranscrive dans la vie économique de demain. Beaucoup de gens aiment leur boulot mais est-ce né quand ils avaient 11 ans ?"
D'autres ont eux ce même déclic très jeune, comme Stéphane : "C'est grâce aux ZX en 1980 que je suis tombé amoureux de l'informatique et je ne le regrette pas et j'en suis fier et ça fait 36 ans que ça dure !".
Frédérique exprime le même sentiment : "Mon premier ordinateur qui a fait naître très probablement ma vocation pour l'informatique ! Que de souvenir".
Idem pour Alain : "Pareil pour moi. Je pense que j’avais le même âge et c’est ça qui a déclenché une véritable envie pour moi de travailler dans l’informatique. ".
Quant à Eric, il s'en étonne encore : "Des lignes de code pour voir un malheureux serpent. Le début de ma carrière dans l'informatique".
Plus incroyable, certains jeunes passionnés de la micro informatique ont suivi des études dans un tout autre domaine, pour finalement travailler dans l'IT, comme Franck : "J'étais bien loin de me douter, que finalement je travaillerai dans le domaine de l'IT. Pour moi, cela restait une passion et cela l'est restée longtemps jusqu'à la fin de mes études où suite à mon doctorat en chimie, je me suis orienté vers l'informatique qui, de passion est devenue mon métier".
D'autres ne sont pas devenus informaticiens, mais se sont servis très tôt de l'informatique pour servir une autre passion tout aussi dévorante, comme Marc, aujourd'hui astronome : "J'avais réussi à faire entrer dans l'extension 16K un programme d'éphémérides qui me donnait la position des planètes à partir de la date et des coordonnées d'observations. Que de nuits à optimiser la moindre opération. C'est aussi sur ZX81 que j'ai commencé mes premières incursion en assembleur Z80. :-) ".
Ce qui m'a le plus étonné dans les quelques 400 commentaires déposés dans ce post, ce sont les situations professionnelles de celles et ceux qui se sont exprimés : il y a du lourd ! Femmes et hommes : fondateur d'entreprise, PDG, Directeur Général, DSI, directeurs métier, responsables, experts, ingénieur, ... Plusieurs ont fait Polytechnique.
Et quand je lis ce dirigeant d’une grande société qui évoque son cadeau de Noel des années 1980, moi, je trouve ça formidable.

Ce que je constate en tout cas au travers de vos commentaires, c'est que pour une grande majorité de vous, le soufflet n'est jamais retombé.
Ceux qu'on appelle poliment "les Seniors" et qui ont eu la chance d'être pionniers restent des passionnés, avec une expérience unique dans le domaine dont les entreprises seraient bien bêtes de se priver.
Pour moi non plus, le soufflet n'est pas retombé. Mais au final, je n'ai jamais été développeur informatique de métier, finalement.
Dès mon début de carrière, je suis devenu auditeur interne informatique du Groupe Bouygues en début de carrière, puis plongé chez Bouygues Telecom dès 2000 dans l'intranet, les outils collaboratifs (SharePoint dès 2001) et Réseau Social d'Entreprise pendant 15 ans (voir le parcours) où, là aussi, j'ai connu les tous débuts des intranets et des solutions collaboratives.
Aujourd'hui, je suis consultant et j'accompagne les entreprises de toutes tailles dans la digitalisation interne avec Microsoft 365. Si ce sujet vous intéresse, voyez mes publications sur mon site digital-inside.fr.
J'ai tout de même continué à développer jusqu'en 2015, en PHP et MySQL pour créer un CMS complet, en m'appuyant sur les spécifications de l'intranet de Bouygues Telecom 🫣, que j'avais conçu, avant de raccrocher les gants, faute de temps. L'informatique reste ma passion et j'ai reconstitué dans mon bureau l'espace de travail de mes rêves de gosse, avec plusieurs écrans et plusieurs ordinateurs, un peu à la Richie dans "les petits génies", la série télé que je ne loupais pour rien au monde, avec son fameux générique :
Du ZX81 au Vibe coding
45 ans séparent le ZX81 des dernières technologies informatiques du moment. C'est long et court à la fois. C'est un peu comme si, dans l'aéronautique, on était passé en 45 ans seulement du Blériot XI (qui traversé la Manche en 1909) à l'Airbus A380. Ce n'est pas une durée de vie d'homme mais plutôt celle d'une carrière.
Le monde du ZX81 n'a bien sûr plus rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd'hui, comme le fait remarquer Julien : " Je consulte ton post depuis mon iPad pro avec 2 milliards de Ko en plus et un processeur 100000 x plus rapide !!!".
Un constat que fait aussi Xavier : " Quand on voit aujourd’hui la puissance des machines et l’IA, c’est vertigineux… mais il y avait une magie particulière dans ces débuts".
Ou encore Stéphane : "ces faibles capacités ça nous obligeait à utiliser nos neurones plutôt que ceux de la machine".
Plus de mémoire, plus vite, plus de données... c’est tout ce dont l'intelligence artificielle avait besoin pour éclore. Je me souviens de mes premiers cours d'informatique en terminal au Lycée Paul Duez de Cambrai, avec M. BIRRER, mon professeur de Latin / Français / Informatique de l'époque - j'ai fait parti des premiers à passer "l'option informatique" au bac, en 1988. Il nous parlait de Prolog : c'était un système expert qui déroulait des scénarios construits sur des bases de connaissance. Le système donnait l'illusion d'une "intelligence" en répondant à des questions.
L'IA bouscule tout sur son passage, y compris le développement informatique avec le Vibe Coding : l'écriture de code informatique par l’IA, dans n’importe quelle langage, à partir d'une explication donnée par le concepteur en langage naturel.
C’est certes d’une puissance redoutable, mais à l’époque, ça m’aurait peut être tué le plaisir. Je me pose souvent la question depuis qu’on parle du vibe coding : aurais je été autant passionné si tout m’était tombé tout cuit dans le bec, sans trop chercher ? Ou au contraire encore plus passionné, parce que l'IA m'auraient permis d'avoir des résultats encore plus rapidement et encore plus impressionnants ?
Cela fait également réagir Charles : "Mes souvenirs To7, To9… pour apprendre le C et la modélisation moléculaire sur des machines 486dx2… forcément on devait savoir coder pour gérer au mieux sa mémoire… que de changements à l’air du vibe coding ou certains ne savent même pas comment fonctionne un ordinateur".
L’IA, j’en rêvais pourtant quand j’étais gosse : je m’imaginais parler à mon ordinateur et l’entendre me répondre, un peu comme Hal dans 2001 l’Odyssée de l’Espace. Mais en matière de codage, l’IA ne devrait pas dispenser de savoir programmer, tout comme comme le pilote automatique d’un Airbus ne dispense pas le pilote de savoir piloter et de surveiller la bonne marche de l'appareil pendant le vol, du décollage à l'atterrissage.
En tout cas, l’IA est une aide formidable pour apprendre à programmer, dans tous les langages, y compris en assembleur comme nous l’explique Christophe, aujourd'hui spécialiste en ingénierie spatiale : « moi j’ai toujours mon alice32 et je montre à mon fils, comment coder en assembleur dessus avec l’IA !! ». Photo à l’appui (cliquer) !
Quant aux retraités de l’informatique, la passion n’est pas éteinte. Denis explique profiter de sa retraite d'informaticien Freelance "pour jouer avec l'i.a. juste pour le plaisir" et confie qu'il a encore dans sa cave le fameux ZX81. La boucle est bouclée.
En conclusion, merci...
... oui, merci à toutes et à tous pour cette bouffée de bienveillance, de souvenirs d'enfance et d'énergie positive. Pendant plus d'une semaine, j'étais de retour dans la cour de l'école avec les copains qui parlaient du dernier numéro d'Hebdogiciel ou qui voulaient me refiler sous le manteau la copie du dernier Arkanoid contre une pièce de 10 francs.
Nous vivons des temps compliqués, dans tous les domaines : économie, politique, violence, drogue, climat, guerre, et j'en passe. Mais du haut de nos 50 ans (plus et moins), du haut des hautes marches que certain(e)s de vous ont réussi à gravir, vous restez au fond de grands gamins et ça, c’est merveilleux.



